mardi 5 juin 2007

Poutine et le bouclier américain


Ce texte est un résumé d’un article qui va paraître dans le mensuel, le Bulletin de l’International. Il présente les raisons du mécontentement de la Russie face au bouclier antimissile américain

POUTINE ET LE BOUCLIER ANTIMISSILE AMERICAIN EN EUROPE

Le président russe Vladimir Poutine a menacé de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe si les Etats-Unis y déploient leur bouclier antimissile. Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, dit-il, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe". Poutine dénonce la politique américaine en Europe qui risque de transformer ce continent en "poudrière" et consacre l'impérialisme américain. Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais oeil l'Otan s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan. "Regardez simplement la carte - (la défense antimissile mondiale américaine) est en train d'être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine", a relevé M. Lavrov. Selon les américains, le bouclier antimissile visant à déployer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra-perfectionné en République tchèque est dirigé non pas contre la Russie mais contre des Etats-voyous comme l’Iran et la Corée du Nord. Poutine rétorque qu’aucun missile iranien n'a de portée suffisante et il est clair que cette nouveauté « nous concerne aussi nous, Russes".
Ce que dit aujourd’hui le Président Vladimir Poutine s’inscrit dans la lignée des dirigeants de l’Union soviétique, partisans de la philosophie de l’armistice nucléaire ou de l’arms control et de la stabilisation de l’équilibre stratégique durant les années soixante et soixante-dix du siècle dernier.
DE QUOI S’AGIT-IL?
Le projet des Etats-Unis consiste à installer en Pologne et en République Tchèque un bouclier antimissile accompagné de stations radars destinées à détecter les missiles balistiques provenant, paraît-il, de l’Iran ou de la Corée du Nord. Les Américains possèdent déjà à l’intérieur de leurs frontières des missiles antimissiles et des stations radars installés en Alaska et en Californie, à Fylingdales au Royaume-Uni et une autre station prévue à Greenland. Les missiles anti-missiles appelés les intercepteurs sont au nombre de 40 en Alaska, 4 en Californie et le plan prévoit l’installation de 10 intercepteurs en Pologne et une station-radar en République Tchèque. À ce bouclier antimissile s’ajoutent 130 intercepteurs installés dans des navires de guerre.
Ce bouclier antimissile est destiné à contrer une menace provenant de la Corée du Nord avec un système mobile basé en mer. Le bouclier antimissile doit aussi prévenir une attaque iranienne contre les forces américaines en Europe ou contre leurs alliés européens. Certains groupes de réflexion militaires américains estiment que l’Iran constitue une menace réelle du fait qu’il possède des missiles balistiques et une artillerie longue portée capable d’atteindre ses voisins de la région comme Israël. L’Iran est en passe de produire des missiles balistiques capables d’atteindre l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord et l’Asie du sud d’ici 2010 et même le continent américain en 2015.
Les réactions hostiles des Russes sont fondées sur le fait que le bouclier antimissile américain en Europe de l’Est représente une menace réelle contre leurs propres missiles qui pourraient être détruits sur leur base de lancement. Ils considèrent en outre que ce ne sont pas les dix missiles anti-missiles qui sont en jeu mais la stratégie globale américaine qui peut toujours commencer par dix missiles et finir par cent ou deux cents missiles anti-missiles.
Enjeu principal du débat: l’équilibre des forces stratégiques en Europe
Ce qui est en jeu dans ce débat sur le bouclier antimissile américain en Europe de l’Est, ce ne sont pas les dix missiles et la station-radar. L’enjeu est beaucoup plus important, car il s’agit avant tout d’une remise en cause du principe de l’équilibre des forces en Europe. Ce concept de l’équilibre des forces est né de la division de l’Europe après la fin de la Seconde Guerre mondiale et avec l’apparition de la bombe atomique comme arme de destruction inégalée dans l’histoire des hommes mais aussi et surtout une arme politique d’une redoutable efficacité. La parité nucléaire acquise par l’Union soviétique dans les années cinquante et soixante du siècle dernier eut deux conséquences importantes: l’armistice nucléaire entre les deux puissances nucléaires et l’équilibre des forces en Europe. Mais cet armistice nucléaire ne signifie nullement que la guerre froide s’est terminée mais qu’elle est plutôt entrée dans une nouvelle phase moins dangereuse, celle du statu quo stratégique. Le premier traité fondé sur le principe de la « coopération-compétition » est celui du premier décembre 1959 sur la démilitarisation de l’Antarctique. Puis une série de traités fut conclue entre l’URSS et les USA durant les années soixante et soixante-dix du XXème siècle limitant la prolifération nucléaire. Les conversations sur la limitation des armements stratégiques connues sous le nom de « SALT » ont conduit à la conclusion, le 26 mai 1972, de deux accords: un traité sur les systèmes de défense antimissile et une convention provisoire sur certains armements défensifs. Le traité sur la défense antimissiles a soumis à une réglementation très stricte le développement des systèmes ABM(anti-balistique missile) qui supposent une infrastructure considérable(radars perfectionnés, fusées à tête chercheuse, précision de tir infaillible) au coût très élevé mais générateur d’instabilité stratégique en mettant le territoire couvert à l’abri d’une action de représailles et en garantissant donc l’impunité à l’éventualité première frappe. On comprend dès lors les réactions hostiles des Russes au bouclier antimissile américain en Europe de l’Est, car ce qui est en jeu, c’est moins le nombre de missiles antimissiles que l’impossibilité de riposter de l’attaque à l’attaquant. Ce qui a ravivé encore un peu plus les craintes de la Russie, c’est le retrait des Américains du traité de missile anti-balistique (ABM) en 2002. Le signe de mécontentement de la Russie s’est manifesté par le test d’un missile à têtes multiples(Multiple-warhead MBH) de type RS-24 et l’annonce du développement de nouveaux missiles de croisière pour « maintenir la balance stratégique ». La Russie menace de se retirer du traité conclu entre l’URSS et les USA visant le bannissement des missiles de moyenne portée (intermediate range nuclear forces, INF treaty). Le 26 avril 2007, le président Vladimir Poutine déclare que la Russie pourrait revoir sa stratégie en se retirant du traité sur les armes conventionnelles signé en 1990 et modifié en 1999 après la disparition de l’URSS, un traité ratifié par la Russie mais pas par les USA et d’autres pays de l’OTAN qui continuent de pratiquer la vieille stratégie dite de « linkage » consistant à lier leur ratification au retrait des forces russes de la Georgie et de la Moldavie comme ce fut le cas avec le traité SALT II où les Américains avaient alors lié sa ratification au retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan. Malgré la volonté de la Russie de continuer à honorer ses obligations dans le cadre du Strategic Offensive Reductions Treaty (SORT), traité signé en 2002 qui prévoit un mémorandum de réduction substantielle du nombre de missiles et de têtes nucléaires par les USA et la Russie, fixé à un maximum de 2200 d’ici à 2012, le président russe n’a pas manqué de dénoncer par ailleurs les restrictions posées par le traité sur les missiles de moyenne portée(Treaty on intermediate range missiles).
Quand Poutine attaque violemment la politique américaine à la conférence de Munich en présence du Secrétaire d’État à la défense, il ne fait en réalité que rappeler aux Américains que c’est l’équilibre des forces en Europe qui a maintenu la paix sur ce continent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et que toute rupture de cet équilibre mettrait en péril la paix et la sécurité européennes. Il y a donc une ligne rouge à ne pas franchir.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Poutine, armement, sécurité, stratégie.

samedi 2 juin 2007

POLITIQUE ARABE DE LA FRANCE, entre rupture et continuité


POLITIQUE ARABE DE LA FRANCE :
ENTRE RUPTURE ET CONTINUITE


La rencontre à Washington en septembre 2006 entre le président américain George W Bush et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur du gouvernement Villepin, les déclarations du candidat vainqueur des élections présidentielles en mai 2007 affichant son amitié pour l’Amérique, la nomination de Bernard Kouchner, partisan de la guerre en Irak comme ministre des Affaires étrangères et enfin la désignation de l’ancien ambassadeur de France à Washington Jean-david Levitte conseiller à la sécurité nationale du président élu, tous ces événements sont-ils de nature à infléchir ce qui est connu sous le nom de politique arabe de la France? Il est certes prématuré de répondre à cette question mais au vu des éléments que nous venons d’évoquer, il est possible que l’on assiste dans les mois et les années à venir, sinon à une orientation nouvelle du moins à un net infléchissement de la politique étrangère dans cette région géostratégique. Le changement de cap annoncé par le nouveau Président, s’il se traduisait par des actes, il risquerait de coûter cher non pas aux seuls intérêts économiques de la France mais aussi il ternirait l’image d’un pays qui a accumulé un capital symbolique dans le monde arabo-musulman notamment pour avoir résisté aux pressions d’un allié traditionnel aussi puissant que les USA.
Politique arabe de la France entre mythe et histoire
Après l’élection de Nocilas Sarkozy, les médias et les intellectuels arabes commencent à s’interroger sur ce qui adviendra de la politique française dans le monde arabo-musulman. Les premières réactions négatives viennent de la presse algérienne face à la nomination de Bernard Kouchner au poste de ministre des Affaires étrangères. À Londres, le quotidien en langue arabe Alquds arabi du 19 mai 2007, se demande sous le titre « coup d’état français contre les Arabes?», signé par son rédacteur en chef, Abd El Bari Atwan si l’abandon de la position française de stricte neutralité observée jusqu’ici n’entraînerait pas plus de pertes que de profits surtout à un moment où l’Amérique de Bush trébuche et s’enfonce jour après jour dans le bourbier irakien. Par son alignement sur la politique américaine au Moyen Orient, la France pourrait s’attirer en outre, selon le journal, les foudres des islamistes radicaux tentés de frapper le territoire français comme ils l’ont déjà fait à Madrid et à Londres.
Ces appréhensions sont-elles réellement justifiées ou ne relèvent-elles pas plus de la fantasmagorie collective et sentimentale que de la réalité ? La légende de la politique arabe de la France remonte à la guerre de Six jours de 1967 quand le général de Gaule avait décrété un embargo sur la vente des avions mirage à l’État hébreu et en faisant condamner à l’Assemblée nationale et à l’ONU l’occupation israélienne des territoires arabes. Ce geste a été perçu comme un tournant dans les relations franco-israéliennes quand on sait que la France avait aidé le jeune État hébreu à se doter de l’arme atomique dans les années cinquante du vingtième siècle et que l’armée française se battait à côté des armées israélienne et anglaise pour éliminer Gamal Abdel Nasser suite à la nationalisation du canal de Suez en 1956. Par ailleurs, la condamnation de l’agression israélienne en 1967 par le général de Gaulle s’inscrivait dans un contexte politique particulier où la France voulait sortir de la galaxie américaine et de sa pesante tutelle en décidant de se retirer du commandement militaire de l’Otan. Ce geste a été interprété alors par l’opinion publique arabe comme un signe de rapprochement ou de ralliement à leur cause alors qu’il opérait plutôt un certain rééquilibrage entre les différents pays de la région. Le commencement de la fin de cette politique arabe de la France date, nous semble-t-il, du septennat de Giscard d’Estaing. En 1981, le vote juif en faveur de Mitterrand voulait punir Giscard pour ses prises de position franchement « pro-arabe » si l’on se rappelle l’épisode au cours duquel le président français avait préféré regarder Israël de loin avec les jumelles du roi Hussein de Jordanie. Après son élection, Mitterrand a renoué les fils de dialogue avec Israël en pratiquant un jeu très délicat d’équilibrisme stratégique dans un Moyen-Orient plus compliqué que jamais.
Coopération franco-américaine pour le meilleur et pour le pire
Rappelons d’abord que le refus de l’ancien Président Jacques Chirac de s’engager à côté de Bush en Irak ne signifie nullement que la politique française a des objectifs stratégiques différents de ceux de la politique américaine. L’opposition française à la guerre en Irak était tout simplement une différence d’appréciation sur les moyens et dans la manière de se débarrasser du régime de Saddam Hussein. La France voulait l’aval de l’ONU pour conférer une légalité internationale à la guerre. Elle exigeait aussi des preuves tangibles sur l’existence des armes de destruction massive en Irak. Elle proposait un cadre de travail collectif et le renforcement des liens avec des partenaires proches par l’histoire et la géographie comme le projet de coopération euro-méditéranéenne. Alors que les Américains préféraient mener leurs propres stratégies, d’une façon unilatérale et sans l’aide de leurs alliés traditionnels. La France s’oppose à l’ingérence dans les affaires intérieures des États alors que les USA sont partisans d’une politique d’intervention et d’ingérence dans les politiques internes des États en apportant un soutien logistique et financier aux forces de l’opposition intérieure.
Mises à part ces divergences de forme, la France et les USA ont toujours travaillé ensemble, main dans la main, dans les grands dossiers concernant le Moyen-Orient et ils ont eu les mêmes objectifs géostratégiques dans cette région du monde. D’abord, la France a participé avec les américains durant la première guerre du Golfe en 1991. Après le 11 septembre, la presse française était unanime pour proclamer « nous sommes tous des américains ». La France faisait partie de la coalition militaire qui a envahi l’Afghanistan en 2001 et renversé le régime des talibans. Mise à part la période de tension précédant la guerre en Irak mars 2003, la politique de rapprochement avec les USA a repris ses droits pour des raisons géostratégiques liées à la nécessité de contenir la propagation des conflits multiconfessionnels irakiens dans les pays voisins pour ne pas menacer la sécurité d’approvisionnement des pays consommateurs du pétrole arabe. Autre signe du dégel des relations franco-américaines, la réunion de Paris sur la dette irakienne au cours de laquelle la France a proposé l’annulation de 50% de ses dettes à l’égard de l’État irakien. La France a approuvé la décision de l’ONU N° 1483 reconnaîssant à la fois l’occupation américaine de l’Irak et la nécessité de transférer le pouvoir aux irakiens le plus vite possible. Le gouvernement français a également nommé un ambassadeur à Bagdad. Dans le dossier libanais-syrien, la politique étrangère française et américaine était en phase pour faire voter par le Conseil de sécurité de l’ONU les résolutions 1559 et 1583 relatives de l’indépendance du Liban vis-à-vis de la Syrie. Durant la guerre au Liban de juillet-août 2006, français et américains ont travaillé ensemble et ils continuent aujourd’hui à travailler à l’ONU pour mettre en place le tribunal pénal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri. La France et les USA ont également été d’accord pour couper les vivres au gouvernement du Hamas et le déclarer une organisation terroriste pour son refus de reconnaître l’État d’israël. Et pourtant, le gouvernement du Hamas est l’émanation d’élections libres reconnues par tous les observateurs internationaux. C’est la politique de deux poids et de deux mesures qui continue à prévaloir dans cette région du monde et personne n’a pu jusqu’ici la faire modifier d’un iota. Même un grand pays comme la France. Il est clair que Paris n’est pas Bandoeng et Chirac n’est ni Nehru ni Nkrumah.
Fin de la politique arabe de la France ?
Non seulement, la coopération politique et géostratégique entre Paris et Washington va continuer avec le nouveau Président élu mais elle va s’intensifier encore davantage pour des raisons idéologiques liant Sarkozy à Bush en général et au courant des néo-conservateurs américains en particulier. Comme ministre de l’Intérieur, Sarkozy s’est rendu aux USA pour s’inspirer de la politique répressive dite de tolérance zéro du maire de New York, Giuliani. Sa politique policière a fait flamber les banlieues françaises, comme chacun le sait, pendant trois semaines en novembre 2005. Pour mener sa campagne électorale, le candidat Sarkozy a fait importer en France la politique spectacle des campagnes américaines et les méthodes de marketing politique qui mettent en avant l’image du candidat à défaut d’un projet politique crédible et novateur. Sa dernière grande réunion publique de Bercy ressemble fort aux grandes kermesses électorales américaines où l’on voit le candidat entouré d’une belle brochette d’artistes et de personnalités people. Pour le récompenser au lendemain de son élection, ses amis du CAC 40 lui ont offert le Fouquet’s, un jet privé et le yacht. Dans cette escapade maltaise, on a encore une fois l’exemple de cette couche sociale américaine, formée de parvenus et d’opportunistes qui, au lieu de briller dans le travail de l’esprit et dans la réflexion critique sur les vrais enjeux qui attendent les êtres humains dans les décennies et les siècles à venir, érigent la culture des loisirs débiles, le divertissement et la débilitation mentale et intellectuelle en modèle canonique de vie et de comportement. Les idéologies du communautarisme, du culturalisme et de l’angoisse sécuritaire, fabriquées par les néoconservateurs américains ont débarqué en France et mises en application par la droite française depuis le début des années 2000. Les faux débats autour du voile islamique, de la laïcité, de la discrimination positive, des institutions religieuses musulmanes, de la politique d’immigration et de construction des mosquées etc, ont été sciemment orchestrés par les néoconservateurs français alliés des grands médias et des instituts de sondages contrôlés par les groupes Bouygues, Lagardère et Bolloré qui ont fait la campgane électorale de Sarkozy. Tous ces thèmes se sont révélés porteurs et ils ont généré des dividendes indéniables pour la nouvelle droite décomplexée, car ils remuent les strates les plus profondes et les plus basses de la psyché humaine et l’électorat de base du parti d’extrême droit de Jean Marie le Pen s’est montré très sensible à ce tintamarre médiatico-politique. Puisque, apparemment, les recettes américaines ont si bien réussi au candidat Sarkozy, il n’y a aucune raison de cracher dans la soupe et il y a fort à parier que le nouveau président va faire prévaloir les arguments des néoconservateurs américains pour mener sa politique étrangère dans le monde arabe. La nomination de Kouchner n’est pas un acte fortuit quand on sait qu’il a été partisan de l’intervention américaine en Irak au nom du sacro-saint principe de « l’ingérence humanitaire ». Les soi-disant démocraties occidentales ont une mission civilisatrice vis-à-vis d’autres peuples de la terre et elles doivent intervenir là où il existe des régimes politiques ne répondant pas exactement aux critères préalablement fixés par les grands démocrates de l’Occident. Tout le monde peut être d’accord sur ces grands principes humanitaires mais la politique en général et à fortiori une politique étrangère des États et ceux parmi eux qui sont les plus puissants militairement et économiquement ne font pas partie du royaume des sentiments mais relèvent de la dure loi darwinienne de sélection naturelle. Jusqu’ici, profitant des leçons d’histoire d’une grande puissance coloniale, les présidents de la Vème République ont mené au Moyen Orient et dans le monde arabo-musulman, une politique perçue comme équilibrée et neutre. En tant que maîtres d’œuvre de la politique étrangère, il faut reconnaître qu’ils se sont fort habilement comportés dans cette région en combinant à la fois une dose de pragmatisme à travers une coopération géostratégique avec leurs alliés américains et européens et l’émission des grands gestes symboliques en direction de l’opinion et de la rue arabes qui ont bien voulu manifester leurs sentiments de gratitude en gratifiant certains présidents français en donnant à certaines rues, les noms de de Gaulle ou celui de Chirac à Ramallah en Palestine. Le nouveau Président de la République aura-t-il le pragmatisme politique de ses prédécesseurs pour donner l’impression que son discours musclé contre « la racaille » banlieusarde française n’avait rien de raciste ou de xénophobe ? Ou sera-t-il aveuglé par les leurres idéologiques et ô combien dangereuses des thèses néoconservatrices américaines qui ont gagné du terrain en France depuis quelques années et qui professent une vision manichéenne du monde dont on a pu voir les conséquences désastreuses dans la guerre qui ensanglante quotidiennement l’Irak ? Comme le titre de l’émission dont Sarkozy était l’invité durant sa campagne électorale, nous lui disons que c’est à lui maintenant à la fois de jouer et de juger.

FAOUZI ELMIR

ACTUALITE DE LA "PSYCHOLOGIE DES FOULES" de GUSTAVE LE BON


ACTUALITÉ DE LA « PSYCHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON

Grand témoin de l’avènement du suffrage universel et de l’émergence des foules sur la scène politique, Gustave le Bon publie en 1895 son célèbre ouvrage « la psychologie des foules »[i] dans lequel il analyse ce phénomène nouveau dans l’histoire des sociétés humaines. Après avoir observé de plus près les moyens humains, techniques et intellectuels déployés par les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 en France, nous nous sommes rendu compte que les idées de Gustave le Bon sont plus que jamais d’actualité. Dans cet article, c’est la stratégie du vainqueur de cette élection qui a retenu notre attention en essayant de la comprendre à la lumière de la « psychologie des foules » de Gustave le Bon.
PRINCIPALES IDÉES DE LA « PYSHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON
Gustave le Bon explique l’émergence de l’âge des foules par deux facteurs: la destruction des croyances religieuses, politiques et sociales et la création de conditions d’existence et de pensée nouvelles engendrées par les découvertes des sciences et de l’industrie. C’est l’époque où ce sont l’opinion et l’action des foules qui mènent désormais le monde et déterminent l’avenir des États et des nations. Gustave le Bon définit la foule comme « une agglomération d’hommes (qui) possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose. La personnalité consciente s’évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans une même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que, faute d’une expression meilleure, j’appellerai une foule organisée, ou, si l’on préfère, une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l’unité mentale des foules » »(p.16) Cependant, la présence de plusieurs individus côte à côte ne leur confère pas les caractères des foules. En outre, il faut qu’ils subissent l’influence des excitants extérieurs, les meneurs « qui ne sont pas, le plus souvent, des hommes de pensée, mais d’action »(p.64) Les meneurs des foules se recrutent généralement parmi les « névrosés, ces excités, ces demi aliénés qui côtoient les bords de la folie » (Idem). Leur mission première consiste à créer de la foi en une œuvre, en une idée en une personne, en cherchant toujours à flatter de bas instincts.
Gustave le Bon évoque les moyens d’action qu’utilisent les meneurs pour parvenir à leurs fins. Pour dominer les foules, il faut que leurs meneurs agissent sur elles par des suggestions rapides selon trois principes: l’affirmation, la répétition et la contagion(p.66) Par l’affirmation pure et simple, le meneur écarte tout raisonnement et « plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuve et de démonstration, plus elle a d’autorité » Les défenseurs d’une cause politique ont toujours pratiqué l’affirmation qui, pour qu’elle soit efficace, nécessite la répétition et toujours dans les mêmes termes. Une banalité ou un mensonge répétée mille fois devient une vérité collective indiscutable. Un produit très ordinaire devient sous l’effet des spots publicitaires un objet de désir et de convoitise irrésistibles. Lorsqu’une affirmation a été maintes fois répétée par plusieurs individus, elle forme après un certain laps de temps et sous l’effet de la contagion, un courant d’opinion. Pour Gustave le Bon, « dans les foules, les idées, les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi intense que celui des microbes »(p.67) Il avance une deuxième idée qui se révèle d’une actualité déconcertante, celle du captage des croyances fixes et des croyances mobiles par les meneurs des foules en vue de leur transformation et de leur adaptation en fonction d’une opinion devenue populaire par voie de contagion. Du coup, les gouvernements et la classe politique deviennent les esclaves des opinions populaires et des croyances des foules et la presse qui dirigeait auparavant l’opinion, est désormais dirigée par elle.
Ce sont les procédés de l’affirmation, de la répétition et de la contagion que les meneurs mettent en œuvre pour mobiliser les foules électorales que Gustave le Bon définit comme des collectivités hétérogènes caractérisées par « la faible aptitude au raisonnement, l’absence d’esprit critique, l’irritabilité, la crédulité et le simplisme »(p.92) outre ces procédés, le candidat aux élections doit flatter les convoitises et les vanités des électeurs, « l’accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à lui faire les plus fantastiques promesses »(p.93) L’adversaire attaqué ne doit en aucun cas répondre par des arguments mais par les mêmes armes que celui qui l’attaque. En effet, s’il est attaqué par des affirmations calomnieuses, il devra répondre par d’autres affirmations calomnieuses et non par le raisonnement et la démonstration. Le meneur des foules électorales doit habilement suggestionner et proférer des affirmations violentes, car pour le Bon, « Exagérer, affirmer, répéter et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement, sont les procédés d’argumentation familiers aux orateurs des réunions publiques »(p.29) Ce qui compte pour les meneurs des foules, ce sont les mots et les images car la raison et les arguments ne sauraient lutter contre certains mots et certaines images. Il faut utiliser le plus possible des mots et des termes très généraux et très vagues comme démocratie, socialisme, égalité, liberté etc., car la puissance des mots réside dans les termes bien choisis qui sont susceptible de « faire accepter les choses les plus odieuses »(p.58) il faut créer pour les foules des illusions, car leur credo n’a jamais été la soif des vérités et pour Gustave le Bon, celui « qui sait les illusionner est aisément leur maître; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime »(p.59) Pour vaincre les foules, il faut capter d’abord les sentiments qui les animent, « feindre de les partager, puis tenter de les modifier, en provoquant au moyen d’associations rudimentaires, certaines images suggestives; savoir revenir au besoin sur ses pas, deviner surtout à chaque instant les sentiments qu’on fait naître. »(p.61) Pour le Bon, c’est une nécessité pour l’homme politique de « varier son langage suivant l’effet produit au moment où l’on parle » et l’orateur qui prépare son discours à l’avance en suivant l’enchaînement logique de sa pensée n’aura aucune influence sur les foules.
SARKOZY, ARCHETYPE DES MENEURS DES FOULES
Quand on lit la « psychologie des foules » de Gustave le Bon, un classique des sciences sociales, on ne peut qu’être frappé par son actualité et par la pertinence de ses analyses qui discréditent l’idée de la démocratie et du libre choix des électeurs. Le vainqueur de l’élection présidentielle de 2007 en France a le profil typique du meneur des foules tel qu’il avait été décrit par le Bon. Ce candidat a mené conjointement trois formes de propagande: propagande sociologique, propagande d’agitation et propagande d’intégration. Ces trois formes de propagande ont été menées grâce des groupes industriels, amis du candidat Sarkozy, qui ont fait main basse sur les moyens de communication de masse. Le plus puissant parmi eux est la première chaîne TFI qui, selon l’ancien juge d’instruction Eva Joly, « est une machine de guerre pour la propagande »(AFP 24 mai 2007) rappelons que ces trois formes de propagande ne sont efficaces que sur la longue durée et il faut un temps suffisamment long pour qu’elles soient efficaces. Ces types de propagande nécessitent du temps et le déploiement des moyens matériels et humains considérables pour agir sur la psychologie des foules électorales en propageant dans la société, d’une façon permanente mais insidieuse et diffuse, des croyances et des opinions qui sont, selon Gustave le Bon, de deux types: d’une part, des croyances et des opinions permanentes et générales qui sont en nombre fort restreint et qui sont enfouies dans les strates les plus profondes de la psyché collective et d’autre part, une couche d’opinions, d’idées, de pensées qui naissent et meurent constamment et dont la durée ne dépasse même pas la vie d’une génération. Ce sont en réalité des sub-propagandes qui préparent le terrain psychologique à la propagande politique proprement dite. Sarkozy a mené de concert, pendant des années, ces trois formes de propagande pour préparer sa propagande politique de 2007. Ces trois formes de propagande ont commencé leurs activités sur le terrain bien avant 2002, durant les six derniers mois du gouvernement Jospin et elles allaient s’intensifier après 2002 quand Sarkozy était devenu ministre de l’intérieur. Chacun de nous a encore les souvenirs du matraquage médiatique mené par TFI sur l’insécurité en France. Selon le schéma de le Bon, la propagande sociologique de Sarkozy a fait en effet remonter à la surface des opinions et des idées très anciennes ancrées dans les bas-fonds de l’imaginaire collectif français comme la valeur du travail, le droit de propriété et la sécurité. Cette propagande sociologique est aussi en quelque sorte une propagande d’intégration qui agit discrètement et qui vise à manipuler les courants fondamentaux de la société pour adapter les groupes propagandés à des anciennes croyances préexistantes.
Une autre forme de propagande à laquelle nous avons pu assister lors des élections présidentielles françaises de 2007 est la propagande d’agitation. Sarkozy est l’agitateur type qui a utilisé la propagande d’agitation qui est la forme la plus visible et la plus facile à réaliser, car elle s’adresse aux sentiments les plus simples et les plus violents des foules. Par exemple, le christianisme considère le travail comme une punition de l’homme qui a commis le péché originel. Le travail est une corvée pour l’homme avec toutes les contraintes et les servitudes qu’il induit. Et pourtant, le slogan travailler plus et gagner plus du candidat Sarkozy a séduit environ vingt millions d’électeurs. Quand on sait par ailleurs que les longues luttes sociales qui avaient été menées depuis le XIXe siècle par les mouvements ouvriers visaient à réduire le temps du travail. Comme l’avait bien analysé le Bon, les foules adorent les chefs qui les violentent psychiquement.
Une caractéristique principale de la propagande d’agitation est fondée sur la propagation et l’exploitation de la haine qui est le ressort le plus rentable et qui met à la vindicte publique un ou plusieurs ennemis préalablement désignés. La propagande d’agitation mené par Sarkozy et ses principaux stratèges a trouvé un terrain favorable dans un climat propice provoqué par le sentiment d’insécurité que le ministre de l’intérieur et son bras séculier TF1 avaient su susciter et entretenir pendant des années au sein de la société française. L’agitateur Sarkozy et les caméras de TFI avaient en effet habilement orchestré des campagnes médiatiques visant à provoquer les psychoses d’anxiété des classes moyennes menacées par le spectacle de paupérisation et l’angoisse des travailleurs précaires, « ceux qui se lèvent tôt » en leur inventant des ennemis désignés, les fainéants, les assistés, les Rmistes patentés, les profiteurs des allocations familiales et les fraudeurs des Assedic(émission droit de savoir de TFI à la veille du débat Sarkozy-Royal entre les deux tours). La réussite de la propagande d’agitation de Sarkozy est due par ailleurs à une implantation sociologique forte d’un parti d’extrême droite et la progression de ses idées sur l’immigration dans les différentes couches de la société française. Il est fort probable que les émeutes des banlieues en novembre 2005 aient été volontairement provoquées en sous-main par des services commandés de la police et des renseignements généraux pour attiser des courants d’opinion anti-arabes, anti-noirs et anti-immigrés en général. Le fait que la moitié de l’électorat traditionnel du Front national ait basculé en faveur de Sarkozy n’a rien de fortuit car cela montre d’une façon indiscutable que le travail en profondeur mené pendant des années par la propagande d’agitation du ministre de l’intérieur bien avant 2002 a payé en récoltant en passant les dividendes électoraux générés par les émeutes de novembre 2005.
RACISME ET ANTISÉMITISME DANS LE DISCOURS POLITIQUE
Le rapport de 2005 de la commission européenne contre le racisme et l’intolérance, l’ECRI(European commission against Racism and Intolerance), montre une utilisation d’éléments racistes, antisémites et xénophobes dans le discours politique. L’étude réalisée par le politologue Jean-Yves Camus, cite de nombreux exemples de recours à une rhétorique raciste, antisémite et xénophobe lors d’élections européennes ou nationales. Pour l’ECRI, ce regain du discours et des idées racistes, antisémites et xénophobes dans la vie politique, y compris dans les formations politiques classiques, est une évolution inquiétante qui appelle une action urgente et concertée.
Dans son rapport de 2006, « l’ L’ECRI s’inquiète de l’intensification du climat d’hostilité envers les personnes qui sont ou sont perçues comme étant musulmanes et regrette les manifestations d’islamophobie qui peuvent être constatées à différents niveaux dans les sociétés européennes. L’ECRI continue d’être préoccupée par les phénomènes d’antisémitisme, de plus en plus répandus dans de nombreux pays européens. Elle déplore les violations des droits de l’homme dont souffrent les Roms/Tsiganes/Gens du Voyage, qui forment une cible particulière du racisme dans toute l’Europe. L’ECRI regrette que le racisme anti-Noir soit encore très présent dans de nombreux pays européens alors que cette forme de racisme n’est pas suffisamment reconnue et ne reçoit pas assez l’attention des dirigeants politiques ou du grand public. »
L’ECRI se montre par ailleurs préoccupée par le climat négatif dans l’opinion publique, qui joue un rôle central dans l’apparition de manifestations de racisme ou d’intolérance dans la société. Ce climat est alimenté par certains médias et aussi par l’utilisation d’arguments racistes et xénophobes dans le discours politique. Actuellement, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho, dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l’identité nationale. Et là encore, ce sont les groupes minoritaires et les différentes communautés qui sont visés, y compris par les partis politiques traditionnels de nombreux pays. Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont particulièrement touchés. Sur le sujet de l’immigration, le ton du débat politique s’est non seulement considérablement durci, mais il a aussi tendance à stigmatiser des communautés entières, notamment les étrangers. Ces derniers sont présentés comme responsables de la détérioration des conditions de sécurité, du chômage et de l’augmentation des dépenses publiques. Ce processus de stigmatisation fait le lit du racisme et de la discrimination raciale envers cette partie de la population en Europe. Malgré les avancées législatives et sur le plan des politiques, beaucoup de personnes continuent de subir la discrimination dans des domaines importants, tels que l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, etc.
Pour lutter contre les actes racistes et discriminatoires fondés sur la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine ethnique ou nationale, l’ECRI préconise le renforcement d’une protection juridique qui doit être soutenue et complétée par une vraie volonté politique pour combattre le racisme et la discrimination raciale.
Ces mesures proposées par l’ECRI semblent illusoires et inefficaces à bien des égards. Le renforcement des législations nationales et internationales demeure purement hypothétique. Certes, le constat établi par l’ECRI est exact mais aussi inquiétant. Car les deux rapports de 2005 et 2006 ne pipent mot sur les causes de l’envahissement du discours politique en Europe par tous ces thèmes à connotation raciste et xénophobe. Et pour cause. Ce sont les hommes politiques qui utilisent sciemment et délibérément, la haine, le racisme, la xénophobie comme stratagème pour conquérir le pouvoir en caressant les idées et les croyances primaires des groupes sociaux qu’ils comptent attirer par leur propagande. Il y a donc une grande part ou de l’inconscience ou de l’hypocrisie, dans les propositions de la commission européenne chargée de la lutte contre le racisme et l’intolérance. Ce sont en réalité les groupes politiques, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, qui en sont la cause et le leitmotiv, car, ils ne pourront conquérir ou se maintenir au pouvoir qu’au prix d’une lente et patiente dissémination dans l’ensemble de la société, à petites doses et à intervalles réguliers, des germes de la haine et de la division en s’adressant en priorité aux strates inférieures et primaires de leurs clientèles électorales. Lutter par des moyens juridiques contre le racisme et l’intolérance s’apparente à une contradiction dans les termes, car on ne voit pas comment les assemblées parlementaires au sein desquelles s’élaborent ces lois et ces règlements veulent réellement lutter contre la haine, le racisme et l’intolérance lqui sont en même temps leur fonds de commerce électoral. Par exemple, l’immigration en France a cessé d’être depuis les années quatre-vingt le fonds de commerce du Front national et des partis de la droite pour devenir aussi l’apanage des partis de gauche et de tous les partis politiques qui ont eu à participer aux différents gouvernements.
En guise de conclusion, les membres composant l’Ecri seraient bien inspirées de prendre quelques heures de leur temps pour lire attentivement la « psychologie des foules » de Gustave le Bon s’ils voulaient réellement comprendre les causes profondes des maux qu’ils se proposent de combattre. Malheureusement, la cause de la maladie n’est pas dans le malade lui-même mais dans le médecin qui prétend le soigner et pour guérir la maladie, il faudra procéder à l’inverse : d’abord, soigner la maladie contagieuse du médecin pour empêcher sa transmission au malade et sa propagation dans le corps social tout entier.
FAOUZI ELMIR

[i] Gustave le Bon, Psychologie des foules, Première publication, 1895, nouvelle édition 1963, Paris, PUF, 2ème tirage, 1971. 132 pages. Collection : Bibliothèque philosophique contemporaine.