ACTUALITÉ DE LA « PSYCHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON
Grand témoin de l’avènement du suffrage universel et de l’émergence des foules sur la scène politique, Gustave le Bon publie en 1895 son célèbre ouvrage « la psychologie des foules »[i] dans lequel il analyse ce phénomène nouveau dans l’histoire des sociétés humaines. Après avoir observé de plus près les moyens humains, techniques et intellectuels déployés par les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 en France, nous nous sommes rendu compte que les idées de Gustave le Bon sont plus que jamais d’actualité. Dans cet article, c’est la stratégie du vainqueur de cette élection qui a retenu notre attention en essayant de la comprendre à la lumière de la « psychologie des foules » de Gustave le Bon.
PRINCIPALES IDÉES DE LA « PYSHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON
Gustave le Bon explique l’émergence de l’âge des foules par deux facteurs: la destruction des croyances religieuses, politiques et sociales et la création de conditions d’existence et de pensée nouvelles engendrées par les découvertes des sciences et de l’industrie. C’est l’époque où ce sont l’opinion et l’action des foules qui mènent désormais le monde et déterminent l’avenir des États et des nations. Gustave le Bon définit la foule comme « une agglomération d’hommes (qui) possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose. La personnalité consciente s’évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans une même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que, faute d’une expression meilleure, j’appellerai une foule organisée, ou, si l’on préfère, une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l’unité mentale des foules » »(p.16) Cependant, la présence de plusieurs individus côte à côte ne leur confère pas les caractères des foules. En outre, il faut qu’ils subissent l’influence des excitants extérieurs, les meneurs « qui ne sont pas, le plus souvent, des hommes de pensée, mais d’action »(p.64) Les meneurs des foules se recrutent généralement parmi les « névrosés, ces excités, ces demi aliénés qui côtoient les bords de la folie » (Idem). Leur mission première consiste à créer de la foi en une œuvre, en une idée en une personne, en cherchant toujours à flatter de bas instincts.
Gustave le Bon évoque les moyens d’action qu’utilisent les meneurs pour parvenir à leurs fins. Pour dominer les foules, il faut que leurs meneurs agissent sur elles par des suggestions rapides selon trois principes: l’affirmation, la répétition et la contagion(p.66) Par l’affirmation pure et simple, le meneur écarte tout raisonnement et « plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuve et de démonstration, plus elle a d’autorité » Les défenseurs d’une cause politique ont toujours pratiqué l’affirmation qui, pour qu’elle soit efficace, nécessite la répétition et toujours dans les mêmes termes. Une banalité ou un mensonge répétée mille fois devient une vérité collective indiscutable. Un produit très ordinaire devient sous l’effet des spots publicitaires un objet de désir et de convoitise irrésistibles. Lorsqu’une affirmation a été maintes fois répétée par plusieurs individus, elle forme après un certain laps de temps et sous l’effet de la contagion, un courant d’opinion. Pour Gustave le Bon, « dans les foules, les idées, les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi intense que celui des microbes »(p.67) Il avance une deuxième idée qui se révèle d’une actualité déconcertante, celle du captage des croyances fixes et des croyances mobiles par les meneurs des foules en vue de leur transformation et de leur adaptation en fonction d’une opinion devenue populaire par voie de contagion. Du coup, les gouvernements et la classe politique deviennent les esclaves des opinions populaires et des croyances des foules et la presse qui dirigeait auparavant l’opinion, est désormais dirigée par elle.
Ce sont les procédés de l’affirmation, de la répétition et de la contagion que les meneurs mettent en œuvre pour mobiliser les foules électorales que Gustave le Bon définit comme des collectivités hétérogènes caractérisées par « la faible aptitude au raisonnement, l’absence d’esprit critique, l’irritabilité, la crédulité et le simplisme »(p.92) outre ces procédés, le candidat aux élections doit flatter les convoitises et les vanités des électeurs, « l’accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à lui faire les plus fantastiques promesses »(p.93) L’adversaire attaqué ne doit en aucun cas répondre par des arguments mais par les mêmes armes que celui qui l’attaque. En effet, s’il est attaqué par des affirmations calomnieuses, il devra répondre par d’autres affirmations calomnieuses et non par le raisonnement et la démonstration. Le meneur des foules électorales doit habilement suggestionner et proférer des affirmations violentes, car pour le Bon, « Exagérer, affirmer, répéter et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement, sont les procédés d’argumentation familiers aux orateurs des réunions publiques »(p.29) Ce qui compte pour les meneurs des foules, ce sont les mots et les images car la raison et les arguments ne sauraient lutter contre certains mots et certaines images. Il faut utiliser le plus possible des mots et des termes très généraux et très vagues comme démocratie, socialisme, égalité, liberté etc., car la puissance des mots réside dans les termes bien choisis qui sont susceptible de « faire accepter les choses les plus odieuses »(p.58) il faut créer pour les foules des illusions, car leur credo n’a jamais été la soif des vérités et pour Gustave le Bon, celui « qui sait les illusionner est aisément leur maître; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime »(p.59) Pour vaincre les foules, il faut capter d’abord les sentiments qui les animent, « feindre de les partager, puis tenter de les modifier, en provoquant au moyen d’associations rudimentaires, certaines images suggestives; savoir revenir au besoin sur ses pas, deviner surtout à chaque instant les sentiments qu’on fait naître. »(p.61) Pour le Bon, c’est une nécessité pour l’homme politique de « varier son langage suivant l’effet produit au moment où l’on parle » et l’orateur qui prépare son discours à l’avance en suivant l’enchaînement logique de sa pensée n’aura aucune influence sur les foules.
Gustave le Bon évoque les moyens d’action qu’utilisent les meneurs pour parvenir à leurs fins. Pour dominer les foules, il faut que leurs meneurs agissent sur elles par des suggestions rapides selon trois principes: l’affirmation, la répétition et la contagion(p.66) Par l’affirmation pure et simple, le meneur écarte tout raisonnement et « plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuve et de démonstration, plus elle a d’autorité » Les défenseurs d’une cause politique ont toujours pratiqué l’affirmation qui, pour qu’elle soit efficace, nécessite la répétition et toujours dans les mêmes termes. Une banalité ou un mensonge répétée mille fois devient une vérité collective indiscutable. Un produit très ordinaire devient sous l’effet des spots publicitaires un objet de désir et de convoitise irrésistibles. Lorsqu’une affirmation a été maintes fois répétée par plusieurs individus, elle forme après un certain laps de temps et sous l’effet de la contagion, un courant d’opinion. Pour Gustave le Bon, « dans les foules, les idées, les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi intense que celui des microbes »(p.67) Il avance une deuxième idée qui se révèle d’une actualité déconcertante, celle du captage des croyances fixes et des croyances mobiles par les meneurs des foules en vue de leur transformation et de leur adaptation en fonction d’une opinion devenue populaire par voie de contagion. Du coup, les gouvernements et la classe politique deviennent les esclaves des opinions populaires et des croyances des foules et la presse qui dirigeait auparavant l’opinion, est désormais dirigée par elle.
Ce sont les procédés de l’affirmation, de la répétition et de la contagion que les meneurs mettent en œuvre pour mobiliser les foules électorales que Gustave le Bon définit comme des collectivités hétérogènes caractérisées par « la faible aptitude au raisonnement, l’absence d’esprit critique, l’irritabilité, la crédulité et le simplisme »(p.92) outre ces procédés, le candidat aux élections doit flatter les convoitises et les vanités des électeurs, « l’accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à lui faire les plus fantastiques promesses »(p.93) L’adversaire attaqué ne doit en aucun cas répondre par des arguments mais par les mêmes armes que celui qui l’attaque. En effet, s’il est attaqué par des affirmations calomnieuses, il devra répondre par d’autres affirmations calomnieuses et non par le raisonnement et la démonstration. Le meneur des foules électorales doit habilement suggestionner et proférer des affirmations violentes, car pour le Bon, « Exagérer, affirmer, répéter et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement, sont les procédés d’argumentation familiers aux orateurs des réunions publiques »(p.29) Ce qui compte pour les meneurs des foules, ce sont les mots et les images car la raison et les arguments ne sauraient lutter contre certains mots et certaines images. Il faut utiliser le plus possible des mots et des termes très généraux et très vagues comme démocratie, socialisme, égalité, liberté etc., car la puissance des mots réside dans les termes bien choisis qui sont susceptible de « faire accepter les choses les plus odieuses »(p.58) il faut créer pour les foules des illusions, car leur credo n’a jamais été la soif des vérités et pour Gustave le Bon, celui « qui sait les illusionner est aisément leur maître; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime »(p.59) Pour vaincre les foules, il faut capter d’abord les sentiments qui les animent, « feindre de les partager, puis tenter de les modifier, en provoquant au moyen d’associations rudimentaires, certaines images suggestives; savoir revenir au besoin sur ses pas, deviner surtout à chaque instant les sentiments qu’on fait naître. »(p.61) Pour le Bon, c’est une nécessité pour l’homme politique de « varier son langage suivant l’effet produit au moment où l’on parle » et l’orateur qui prépare son discours à l’avance en suivant l’enchaînement logique de sa pensée n’aura aucune influence sur les foules.
SARKOZY, ARCHETYPE DES MENEURS DES FOULES
Quand on lit la « psychologie des foules » de Gustave le Bon, un classique des sciences sociales, on ne peut qu’être frappé par son actualité et par la pertinence de ses analyses qui discréditent l’idée de la démocratie et du libre choix des électeurs. Le vainqueur de l’élection présidentielle de 2007 en France a le profil typique du meneur des foules tel qu’il avait été décrit par le Bon. Ce candidat a mené conjointement trois formes de propagande: propagande sociologique, propagande d’agitation et propagande d’intégration. Ces trois formes de propagande ont été menées grâce des groupes industriels, amis du candidat Sarkozy, qui ont fait main basse sur les moyens de communication de masse. Le plus puissant parmi eux est la première chaîne TFI qui, selon l’ancien juge d’instruction Eva Joly, « est une machine de guerre pour la propagande »(AFP 24 mai 2007) rappelons que ces trois formes de propagande ne sont efficaces que sur la longue durée et il faut un temps suffisamment long pour qu’elles soient efficaces. Ces types de propagande nécessitent du temps et le déploiement des moyens matériels et humains considérables pour agir sur la psychologie des foules électorales en propageant dans la société, d’une façon permanente mais insidieuse et diffuse, des croyances et des opinions qui sont, selon Gustave le Bon, de deux types: d’une part, des croyances et des opinions permanentes et générales qui sont en nombre fort restreint et qui sont enfouies dans les strates les plus profondes de la psyché collective et d’autre part, une couche d’opinions, d’idées, de pensées qui naissent et meurent constamment et dont la durée ne dépasse même pas la vie d’une génération. Ce sont en réalité des sub-propagandes qui préparent le terrain psychologique à la propagande politique proprement dite. Sarkozy a mené de concert, pendant des années, ces trois formes de propagande pour préparer sa propagande politique de 2007. Ces trois formes de propagande ont commencé leurs activités sur le terrain bien avant 2002, durant les six derniers mois du gouvernement Jospin et elles allaient s’intensifier après 2002 quand Sarkozy était devenu ministre de l’intérieur. Chacun de nous a encore les souvenirs du matraquage médiatique mené par TFI sur l’insécurité en France. Selon le schéma de le Bon, la propagande sociologique de Sarkozy a fait en effet remonter à la surface des opinions et des idées très anciennes ancrées dans les bas-fonds de l’imaginaire collectif français comme la valeur du travail, le droit de propriété et la sécurité. Cette propagande sociologique est aussi en quelque sorte une propagande d’intégration qui agit discrètement et qui vise à manipuler les courants fondamentaux de la société pour adapter les groupes propagandés à des anciennes croyances préexistantes.
Une autre forme de propagande à laquelle nous avons pu assister lors des élections présidentielles françaises de 2007 est la propagande d’agitation. Sarkozy est l’agitateur type qui a utilisé la propagande d’agitation qui est la forme la plus visible et la plus facile à réaliser, car elle s’adresse aux sentiments les plus simples et les plus violents des foules. Par exemple, le christianisme considère le travail comme une punition de l’homme qui a commis le péché originel. Le travail est une corvée pour l’homme avec toutes les contraintes et les servitudes qu’il induit. Et pourtant, le slogan travailler plus et gagner plus du candidat Sarkozy a séduit environ vingt millions d’électeurs. Quand on sait par ailleurs que les longues luttes sociales qui avaient été menées depuis le XIXe siècle par les mouvements ouvriers visaient à réduire le temps du travail. Comme l’avait bien analysé le Bon, les foules adorent les chefs qui les violentent psychiquement.
Une caractéristique principale de la propagande d’agitation est fondée sur la propagation et l’exploitation de la haine qui est le ressort le plus rentable et qui met à la vindicte publique un ou plusieurs ennemis préalablement désignés. La propagande d’agitation mené par Sarkozy et ses principaux stratèges a trouvé un terrain favorable dans un climat propice provoqué par le sentiment d’insécurité que le ministre de l’intérieur et son bras séculier TF1 avaient su susciter et entretenir pendant des années au sein de la société française. L’agitateur Sarkozy et les caméras de TFI avaient en effet habilement orchestré des campagnes médiatiques visant à provoquer les psychoses d’anxiété des classes moyennes menacées par le spectacle de paupérisation et l’angoisse des travailleurs précaires, « ceux qui se lèvent tôt » en leur inventant des ennemis désignés, les fainéants, les assistés, les Rmistes patentés, les profiteurs des allocations familiales et les fraudeurs des Assedic(émission droit de savoir de TFI à la veille du débat Sarkozy-Royal entre les deux tours). La réussite de la propagande d’agitation de Sarkozy est due par ailleurs à une implantation sociologique forte d’un parti d’extrême droite et la progression de ses idées sur l’immigration dans les différentes couches de la société française. Il est fort probable que les émeutes des banlieues en novembre 2005 aient été volontairement provoquées en sous-main par des services commandés de la police et des renseignements généraux pour attiser des courants d’opinion anti-arabes, anti-noirs et anti-immigrés en général. Le fait que la moitié de l’électorat traditionnel du Front national ait basculé en faveur de Sarkozy n’a rien de fortuit car cela montre d’une façon indiscutable que le travail en profondeur mené pendant des années par la propagande d’agitation du ministre de l’intérieur bien avant 2002 a payé en récoltant en passant les dividendes électoraux générés par les émeutes de novembre 2005.
Une autre forme de propagande à laquelle nous avons pu assister lors des élections présidentielles françaises de 2007 est la propagande d’agitation. Sarkozy est l’agitateur type qui a utilisé la propagande d’agitation qui est la forme la plus visible et la plus facile à réaliser, car elle s’adresse aux sentiments les plus simples et les plus violents des foules. Par exemple, le christianisme considère le travail comme une punition de l’homme qui a commis le péché originel. Le travail est une corvée pour l’homme avec toutes les contraintes et les servitudes qu’il induit. Et pourtant, le slogan travailler plus et gagner plus du candidat Sarkozy a séduit environ vingt millions d’électeurs. Quand on sait par ailleurs que les longues luttes sociales qui avaient été menées depuis le XIXe siècle par les mouvements ouvriers visaient à réduire le temps du travail. Comme l’avait bien analysé le Bon, les foules adorent les chefs qui les violentent psychiquement.
Une caractéristique principale de la propagande d’agitation est fondée sur la propagation et l’exploitation de la haine qui est le ressort le plus rentable et qui met à la vindicte publique un ou plusieurs ennemis préalablement désignés. La propagande d’agitation mené par Sarkozy et ses principaux stratèges a trouvé un terrain favorable dans un climat propice provoqué par le sentiment d’insécurité que le ministre de l’intérieur et son bras séculier TF1 avaient su susciter et entretenir pendant des années au sein de la société française. L’agitateur Sarkozy et les caméras de TFI avaient en effet habilement orchestré des campagnes médiatiques visant à provoquer les psychoses d’anxiété des classes moyennes menacées par le spectacle de paupérisation et l’angoisse des travailleurs précaires, « ceux qui se lèvent tôt » en leur inventant des ennemis désignés, les fainéants, les assistés, les Rmistes patentés, les profiteurs des allocations familiales et les fraudeurs des Assedic(émission droit de savoir de TFI à la veille du débat Sarkozy-Royal entre les deux tours). La réussite de la propagande d’agitation de Sarkozy est due par ailleurs à une implantation sociologique forte d’un parti d’extrême droite et la progression de ses idées sur l’immigration dans les différentes couches de la société française. Il est fort probable que les émeutes des banlieues en novembre 2005 aient été volontairement provoquées en sous-main par des services commandés de la police et des renseignements généraux pour attiser des courants d’opinion anti-arabes, anti-noirs et anti-immigrés en général. Le fait que la moitié de l’électorat traditionnel du Front national ait basculé en faveur de Sarkozy n’a rien de fortuit car cela montre d’une façon indiscutable que le travail en profondeur mené pendant des années par la propagande d’agitation du ministre de l’intérieur bien avant 2002 a payé en récoltant en passant les dividendes électoraux générés par les émeutes de novembre 2005.
RACISME ET ANTISÉMITISME DANS LE DISCOURS POLITIQUE
Le rapport de 2005 de la commission européenne contre le racisme et l’intolérance, l’ECRI(European commission against Racism and Intolerance), montre une utilisation d’éléments racistes, antisémites et xénophobes dans le discours politique. L’étude réalisée par le politologue Jean-Yves Camus, cite de nombreux exemples de recours à une rhétorique raciste, antisémite et xénophobe lors d’élections européennes ou nationales. Pour l’ECRI, ce regain du discours et des idées racistes, antisémites et xénophobes dans la vie politique, y compris dans les formations politiques classiques, est une évolution inquiétante qui appelle une action urgente et concertée.
Dans son rapport de 2006, « l’ L’ECRI s’inquiète de l’intensification du climat d’hostilité envers les personnes qui sont ou sont perçues comme étant musulmanes et regrette les manifestations d’islamophobie qui peuvent être constatées à différents niveaux dans les sociétés européennes. L’ECRI continue d’être préoccupée par les phénomènes d’antisémitisme, de plus en plus répandus dans de nombreux pays européens. Elle déplore les violations des droits de l’homme dont souffrent les Roms/Tsiganes/Gens du Voyage, qui forment une cible particulière du racisme dans toute l’Europe. L’ECRI regrette que le racisme anti-Noir soit encore très présent dans de nombreux pays européens alors que cette forme de racisme n’est pas suffisamment reconnue et ne reçoit pas assez l’attention des dirigeants politiques ou du grand public. »
L’ECRI se montre par ailleurs préoccupée par le climat négatif dans l’opinion publique, qui joue un rôle central dans l’apparition de manifestations de racisme ou d’intolérance dans la société. Ce climat est alimenté par certains médias et aussi par l’utilisation d’arguments racistes et xénophobes dans le discours politique. Actuellement, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho, dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l’identité nationale. Et là encore, ce sont les groupes minoritaires et les différentes communautés qui sont visés, y compris par les partis politiques traditionnels de nombreux pays. Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont particulièrement touchés. Sur le sujet de l’immigration, le ton du débat politique s’est non seulement considérablement durci, mais il a aussi tendance à stigmatiser des communautés entières, notamment les étrangers. Ces derniers sont présentés comme responsables de la détérioration des conditions de sécurité, du chômage et de l’augmentation des dépenses publiques. Ce processus de stigmatisation fait le lit du racisme et de la discrimination raciale envers cette partie de la population en Europe. Malgré les avancées législatives et sur le plan des politiques, beaucoup de personnes continuent de subir la discrimination dans des domaines importants, tels que l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, etc.
Pour lutter contre les actes racistes et discriminatoires fondés sur la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine ethnique ou nationale, l’ECRI préconise le renforcement d’une protection juridique qui doit être soutenue et complétée par une vraie volonté politique pour combattre le racisme et la discrimination raciale.
Ces mesures proposées par l’ECRI semblent illusoires et inefficaces à bien des égards. Le renforcement des législations nationales et internationales demeure purement hypothétique. Certes, le constat établi par l’ECRI est exact mais aussi inquiétant. Car les deux rapports de 2005 et 2006 ne pipent mot sur les causes de l’envahissement du discours politique en Europe par tous ces thèmes à connotation raciste et xénophobe. Et pour cause. Ce sont les hommes politiques qui utilisent sciemment et délibérément, la haine, le racisme, la xénophobie comme stratagème pour conquérir le pouvoir en caressant les idées et les croyances primaires des groupes sociaux qu’ils comptent attirer par leur propagande. Il y a donc une grande part ou de l’inconscience ou de l’hypocrisie, dans les propositions de la commission européenne chargée de la lutte contre le racisme et l’intolérance. Ce sont en réalité les groupes politiques, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, qui en sont la cause et le leitmotiv, car, ils ne pourront conquérir ou se maintenir au pouvoir qu’au prix d’une lente et patiente dissémination dans l’ensemble de la société, à petites doses et à intervalles réguliers, des germes de la haine et de la division en s’adressant en priorité aux strates inférieures et primaires de leurs clientèles électorales. Lutter par des moyens juridiques contre le racisme et l’intolérance s’apparente à une contradiction dans les termes, car on ne voit pas comment les assemblées parlementaires au sein desquelles s’élaborent ces lois et ces règlements veulent réellement lutter contre la haine, le racisme et l’intolérance lqui sont en même temps leur fonds de commerce électoral. Par exemple, l’immigration en France a cessé d’être depuis les années quatre-vingt le fonds de commerce du Front national et des partis de la droite pour devenir aussi l’apanage des partis de gauche et de tous les partis politiques qui ont eu à participer aux différents gouvernements.
En guise de conclusion, les membres composant l’Ecri seraient bien inspirées de prendre quelques heures de leur temps pour lire attentivement la « psychologie des foules » de Gustave le Bon s’ils voulaient réellement comprendre les causes profondes des maux qu’ils se proposent de combattre. Malheureusement, la cause de la maladie n’est pas dans le malade lui-même mais dans le médecin qui prétend le soigner et pour guérir la maladie, il faudra procéder à l’inverse : d’abord, soigner la maladie contagieuse du médecin pour empêcher sa transmission au malade et sa propagation dans le corps social tout entier.
Dans son rapport de 2006, « l’ L’ECRI s’inquiète de l’intensification du climat d’hostilité envers les personnes qui sont ou sont perçues comme étant musulmanes et regrette les manifestations d’islamophobie qui peuvent être constatées à différents niveaux dans les sociétés européennes. L’ECRI continue d’être préoccupée par les phénomènes d’antisémitisme, de plus en plus répandus dans de nombreux pays européens. Elle déplore les violations des droits de l’homme dont souffrent les Roms/Tsiganes/Gens du Voyage, qui forment une cible particulière du racisme dans toute l’Europe. L’ECRI regrette que le racisme anti-Noir soit encore très présent dans de nombreux pays européens alors que cette forme de racisme n’est pas suffisamment reconnue et ne reçoit pas assez l’attention des dirigeants politiques ou du grand public. »
L’ECRI se montre par ailleurs préoccupée par le climat négatif dans l’opinion publique, qui joue un rôle central dans l’apparition de manifestations de racisme ou d’intolérance dans la société. Ce climat est alimenté par certains médias et aussi par l’utilisation d’arguments racistes et xénophobes dans le discours politique. Actuellement, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho, dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l’identité nationale. Et là encore, ce sont les groupes minoritaires et les différentes communautés qui sont visés, y compris par les partis politiques traditionnels de nombreux pays. Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont particulièrement touchés. Sur le sujet de l’immigration, le ton du débat politique s’est non seulement considérablement durci, mais il a aussi tendance à stigmatiser des communautés entières, notamment les étrangers. Ces derniers sont présentés comme responsables de la détérioration des conditions de sécurité, du chômage et de l’augmentation des dépenses publiques. Ce processus de stigmatisation fait le lit du racisme et de la discrimination raciale envers cette partie de la population en Europe. Malgré les avancées législatives et sur le plan des politiques, beaucoup de personnes continuent de subir la discrimination dans des domaines importants, tels que l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, etc.
Pour lutter contre les actes racistes et discriminatoires fondés sur la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine ethnique ou nationale, l’ECRI préconise le renforcement d’une protection juridique qui doit être soutenue et complétée par une vraie volonté politique pour combattre le racisme et la discrimination raciale.
Ces mesures proposées par l’ECRI semblent illusoires et inefficaces à bien des égards. Le renforcement des législations nationales et internationales demeure purement hypothétique. Certes, le constat établi par l’ECRI est exact mais aussi inquiétant. Car les deux rapports de 2005 et 2006 ne pipent mot sur les causes de l’envahissement du discours politique en Europe par tous ces thèmes à connotation raciste et xénophobe. Et pour cause. Ce sont les hommes politiques qui utilisent sciemment et délibérément, la haine, le racisme, la xénophobie comme stratagème pour conquérir le pouvoir en caressant les idées et les croyances primaires des groupes sociaux qu’ils comptent attirer par leur propagande. Il y a donc une grande part ou de l’inconscience ou de l’hypocrisie, dans les propositions de la commission européenne chargée de la lutte contre le racisme et l’intolérance. Ce sont en réalité les groupes politiques, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, qui en sont la cause et le leitmotiv, car, ils ne pourront conquérir ou se maintenir au pouvoir qu’au prix d’une lente et patiente dissémination dans l’ensemble de la société, à petites doses et à intervalles réguliers, des germes de la haine et de la division en s’adressant en priorité aux strates inférieures et primaires de leurs clientèles électorales. Lutter par des moyens juridiques contre le racisme et l’intolérance s’apparente à une contradiction dans les termes, car on ne voit pas comment les assemblées parlementaires au sein desquelles s’élaborent ces lois et ces règlements veulent réellement lutter contre la haine, le racisme et l’intolérance lqui sont en même temps leur fonds de commerce électoral. Par exemple, l’immigration en France a cessé d’être depuis les années quatre-vingt le fonds de commerce du Front national et des partis de la droite pour devenir aussi l’apanage des partis de gauche et de tous les partis politiques qui ont eu à participer aux différents gouvernements.
En guise de conclusion, les membres composant l’Ecri seraient bien inspirées de prendre quelques heures de leur temps pour lire attentivement la « psychologie des foules » de Gustave le Bon s’ils voulaient réellement comprendre les causes profondes des maux qu’ils se proposent de combattre. Malheureusement, la cause de la maladie n’est pas dans le malade lui-même mais dans le médecin qui prétend le soigner et pour guérir la maladie, il faudra procéder à l’inverse : d’abord, soigner la maladie contagieuse du médecin pour empêcher sa transmission au malade et sa propagation dans le corps social tout entier.
FAOUZI ELMIR
[i] Gustave le Bon, Psychologie des foules, Première publication, 1895, nouvelle édition 1963, Paris, PUF, 2ème tirage, 1971. 132 pages. Collection : Bibliothèque philosophique contemporaine.
[i] Gustave le Bon, Psychologie des foules, Première publication, 1895, nouvelle édition 1963, Paris, PUF, 2ème tirage, 1971. 132 pages. Collection : Bibliothèque philosophique contemporaine.
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